L’AMF publie une analyse complémentaire de la liquidité sur le marché des obligations d’entreprises

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A la suite d’une première étude globale de l’AMF publiée en novembre 2015, les travaux présentés dans cette nouvelle analyse permettent d’apporter un éclairage additionnel sur les différents types de mesures de liquidité propres aux obligations d’entreprises.

Quels indicateurs sont suffisamment solides scientifiquement pour pouvoir s’y appliquer?
Les caractéristiques propres du marché des obligations d’entreprises, la disponibilité ou la qualité des données de transaction limitent en effet la pertinence des indicateurs classiquement utilisés pour d’autres marchés.
L’étude réalisée par un chercheur externe à l’AMF dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Louis Bachelier apporte une analyse académique rigoureuse de ces indicateurs.

Un sujet important pour un marché européen qui a triplé en l’espace d’une décennie

Le marché des obligations d’entreprises qui reste largement un marché de gré à gré a été marqué depuis une dizaine d’années par de nombreux changements à la fois économiques, technologiques et réglementaires. 

L’environnement de taux d’intérêt bas a eu pour conséquence un grand nombre d’émissions obligataires, les entreprises exploitant cette opportunité de se financer à bas coût.
De plus, cet environnement de taux faible a incité les investisseurs et épargnants à aller chercher du rendement dans des actifs plus risqués.
Cela a permis à des entreprises moins bien notées d’avoir accès au marché obligataire. Ces différents effets ont eu pour conséquence une augmentation sans précédent de la taille du marché des obligations d’entreprises partout dans le monde.
En Europe, il a triplé entre 2008 et 2018.

Deux indicateurs à favoriser pour mieux apprécier les déterminants de la liquidité

L’étude examine comment les données exclusives reçues par le régulateur des marchés peuvent permettre de construire des indicateurs de liquidité du marché obligataire de sociétés non financières.
Elle préconise deux indicateurs permettant d’apprécier deux dimensions différentes de la liquidité ; elle en donne l’évolution historique et explore les facteurs explicatifs. Les mesures de liquidité recommandées incluent un indice de dispersion des prix calculé pour les titres les plus liquides (la composante width de la liquidité) ainsi que le nombre quotidiens d’ISIN traité (la composante breadth).

Une baisse de la liquidité qui reste à surveiller

L’analyse menée sur les données 2012-2016 révèle que la combinaison des deux mesures, tant la composante width que breadth, envoyait un signal préoccupant, mais pas forcément alarmant, sur l’évolution de la liquidité du marché des obligations d’entreprises.
Elle confirme donc l’analyse que permet depuis novembre 2015 l’indicateur composite proposé par l’AMF.
Les deux indicateurs proposés dans l’analyse complémentaire permettent de mieux en cerner les composantes, par exemple le fait que la taille effective du marché, en nombre d’obligations différentes échangées au quotidien, s’est réduite alors même que le marché primaire a si formidablement crû.

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